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Avocat en droit de l'environnement à Paris

Droit de l'environnement

Droit de l'environnement
L'essentiel à retenir

Le droit de l'environnement appliqué à l'immobilier combine plusieurs régimes : ICPE (articles L. 511-1 et s. du Code de l'environnement), sites et sols pollués (loi ALUR 2014, loi ASAP 2020), évaluation environnementale (article L. 122-1 CE) et autorisation environnementale unique (article L. 181-1 CE).

À l'achat d'un terrain ayant accueilli une ICPE, l'article L. 514-20 CE impose au vendeur une obligation d'information renforcée — sanctionnée par la résolution de la vente, la restitution partielle du prix ou la remise en état aux frais du vendeur. Au-delà des SIS (loi ALUR), un audit environnemental préalable (BASIAS, BASOL, archives ICPE) reste indispensable pour sécuriser l'acquisition.

Les risques industriels et naturels (PPRT, PPRI, PPRN) valent servitudes d'utilité publique et conditionnent la constructibilité. L'état des risques et pollutions (ERP) est obligatoire à toute promesse ou vente (article L. 125-5 CE).

Le droit pénal de l'environnement s'est considérablement durci depuis la loi Climat et Résilience du 22 août 2021 : création des délits de mise en danger de l'environnement et d'écocide (articles L. 231-1 et L. 231-3 CE), peines portées jusqu'à dix ans d'emprisonnement et 4,5 M€ d'amende dans les cas les plus graves. La responsabilité pénale frappe la personne morale et le dirigeant, sauf délégation de pouvoirs valable.

Espèces protégées et Natura 2000 (articles L. 411-1 et L. 414-4 CE) imposent des dérogations au régime strict : leur défaut peut entraîner l'annulation du permis de construire. Le ZAN (loi Climat 2021) modifie en profondeur la stratégie foncière et l'instruction des autorisations.

Le droit de l'environnement, une dimension désormais incontournable de tout projet immobilier

Pendant longtemps perçu comme un domaine technique réservé aux industriels, le droit de l'environnement s'est imposé comme une composante centrale du droit immobilier contemporain. Acquérir un terrain, construire un immeuble, exploiter un site, céder un fonds : chacune de ces opérations soulève désormais des questions environnementales — pollution des sols, ICPE, étude d'impact, biodiversité, risques industriels — dont la maîtrise conditionne la sécurité juridique et financière du projet.

L'évolution est portée par une succession de textes structurants : loi ALUR du 24 mars 2014 (création des secteurs d'information sur les sols), loi ASAP du 7 décembre 2020 (refonte de la cessation d'activité ICPE), loi Climat et Résilience du 22 août 2021 (renforcement du pénal environnemental, ZAN), loi APER du 10 mars 2023 (accélération des énergies renouvelables), loi Industrie Verte du 23 octobre 2023 (raccourcissement des procédures environnementales). À cette densification législative s'ajoute une jurisprudence administrative et pénale particulièrement vivante, tant devant le Conseil d'État que devant la Cour de cassation.

Equitéo Avocat accompagne à Paris et dans toute la France les propriétaires (immeubles bâtis, terrains, sites industriels), les exploitants d'ICPE, les promoteurs et aménageurs, les investisseurs, les collectivités territoriales et les professionnels de l'immobilier confrontés aux questions environnementales. Notre cabinet vous aide à identifier les risques en amont, à sécuriser vos opérations et à défendre vos droits face à l'administration, à un cocontractant ou à la juridiction pénale.


Installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE)

Le régime ICPE : principes généraux

Les installations classées pour la protection de l'environnement sont régies par le titre I du livre V du Code de l'environnement (articles L. 511-1 et suivants). Sont concernées les installations qui, par leur exploitation, peuvent présenter des dangers ou des inconvénients pour la commodité du voisinage, la santé, la sécurité, la salubrité publiques, l'agriculture, la protection de la nature, de l'environnement et des paysages, l'utilisation rationnelle de l'énergie, la conservation des sites et des monuments ainsi que des éléments du patrimoine archéologique.

La nomenclature ICPE classe les activités selon trois régimes par ordre croissant de contrainte : la déclaration (D), l'enregistrement (E) et l'autorisation (A), auxquels s'ajoute un régime spécial pour les installations Seveso (seuils bas et haut). Le choix du régime conditionne tout : délais d'instruction, étendue de l'évaluation environnementale, obligations de garantie financière, contrôles administratifs, sanctions encourues.

Vente d'un terrain ayant accueilli une ICPE — l'article L. 514-20

Lors de la vente d'un terrain sur lequel une ICPE soumise à autorisation ou enregistrement a été exploitée, le vendeur supporte une obligation d'information renforcée. L'article L. 514-20 du Code de l'environnement lui impose d'informer par écrit l'acquéreur de cette exploitation et de lui communiquer les dangers ou inconvénients importants qui en sont résultés.

À défaut, l'acquéreur dispose d'un choix : faire résoudre la vente, obtenir la restitution d'une partie du prix, ou exiger la remise en état du site aux frais du vendeur, lorsque les coûts apparaissent disproportionnés au regard du prix de vente. La jurisprudence de la Cour de cassation a précisé que l'obligation ne s'applique strictement qu'aux terrains qui ont physiquement accueilli une ICPE, et non à un simple terrain voisin d'une telle installation.

L'identification des ICPE passées sur un site nécessite un audit historique approfondi (consultation des bases ICPE, BASIAS, BASOL, archives préfectorales). Equitéo Avocat conduit ces audits préalables à la cession ou à l'acquisition, et rédige les clauses contractuelles permettant de répartir les responsabilités entre les parties.

Cessation d'activité ICPE depuis la loi ASAP

La loi ASAP du 7 décembre 2020 a profondément remanié le régime de cessation d'activité des ICPE. Le dispositif articule désormais trois étapes : la notification de cessation, le mémoire de cessation d'activité définissant l'usage futur du site, et l'attestation par un bureau d'études certifié garantissant la conformité de la remise en état.

Cette nouvelle architecture impose une vigilance accrue à l'exploitant cédant : la responsabilité financière de la dépollution peut être réactivée pendant trente ans après la cessation. Equitéo Avocat assiste les exploitants dans la procédure et veille à la rédaction d'arrêtés préfectoraux conformes au projet de l'opérateur.

Recours contre les arrêtés préfectoraux ICPE

Les décisions préfectorales en matière d'ICPE — autorisation, refus, prescriptions complémentaires, mise en demeure, sanction administrative — peuvent être contestées devant le tribunal administratif par voie de recours pour excès de pouvoir ou de plein contentieux selon la nature de l'acte. Le délai de recours est généralement de deux mois à compter de la notification ou de la publication, mais des règles spécifiques s'appliquent aux tiers (mois de l'achèvement des formalités de publicité).


Sites et sols pollués

Le cadre juridique : un droit en construction permanente

Le régime juridique des sites et sols pollués s'est structuré progressivement, sous l'influence du droit communautaire et de quelques lois fondamentales. La loi ALUR du 24 mars 2014 a créé les secteurs d'information sur les sols (SIS), qui matérialisent à l'échelle cadastrale les zones pour lesquelles l'État dispose d'informations sur la pollution. Au-delà des SIS, plusieurs textes éparses (Code de l'environnement, Code minier, Code de la santé publique) régissent les relations entre exploitants pollueurs, propriétaires successifs et acquéreurs.

Diagnostic environnemental obligatoire dans certains cas

Lorsqu'un projet d'aménagement ou de construction est envisagé sur un terrain situé en SIS, en ancien site industriel répertorié BASIAS ou BASOL, ou sur un terrain ayant accueilli une ICPE, un diagnostic environnemental peut être obligatoire. Ce diagnostic — souvent en deux phases (étude historique et documentaire, puis investigations de terrain) — conditionne la sécurité juridique de l'opération : il permet d'identifier les pollutions, de calculer les coûts de remise en état et de répartir contractuellement les responsabilités.

L'absence ou l'insuffisance de diagnostic est un facteur fréquent de contentieux post-acquisition. Equitéo Avocat conseille les acquéreurs sur la portée des diagnostics réalisés et, si nécessaire, sollicite leur complément ou leur révision avant signature.

Responsabilité du pollueur et du détenteur

La règle cardinale du droit français est celle du « pollueur-payeur » : le dernier exploitant de l'ICPE ayant pollué le site est en principe responsable de la remise en état (article L. 512-6-1 du Code de l'environnement). En cas de défaillance ou de disparition de l'exploitant, le détenteur du terrain peut être recherché à titre subsidiaire, à condition qu'il ait fait preuve de négligence dans la gestion du site. Cette responsabilité subsidiaire — source de multiples contentieux administratifs — exige une analyse fine de la situation : circonstances de l'acquisition, connaissance de la pollution, comportement post-acquisition.

Garanties contractuelles : vice caché, dol, garantie environnementale

À côté du régime administratif, l'acquéreur d'un site pollué dispose d'actions civiles : la garantie des vices cachés (articles 1641 et suivants du Code civil), le dol lorsque le vendeur a dissimulé volontairement la pollution, et le cas échéant les garanties contractuelles spécifiques négociées dans l'acte de vente (clause environnementale, make whole, séquestre). La combinaison de ces actions civiles avec le régime administratif (mise en demeure préfectorale, exécution d'office) est délicate et appelle une stratégie procédurale adaptée. Notre cabinet bâtit ces stratégies dans une logique pragmatique d'arbitrage entre rapidité, coût et probabilité de succès.


Étude d'impact et autorisation environnementale unique

L'évaluation environnementale (articles L. 122-1 et suivants)

Tout projet susceptible d'avoir des incidences notables sur l'environnement ou la santé humaine doit faire l'objet d'une évaluation environnementale préalable, conformément aux articles L. 122-1 et suivants du Code de l'environnement. Le périmètre des projets soumis (de plein droit ou après examen au cas par cas) est défini par l'annexe à l'article R. 122-2.

L'étude d'impact contient l'analyse de l'état initial du site, l'identification des effets directs et indirects du projet, les mesures « ERC » (Éviter – Réduire – Compenser), ainsi que les modalités de suivi. Sa qualité conditionne la légalité de l'autorisation : un défaut substantiel d'étude d'impact peut conduire à l'annulation du projet par le juge administratif.

L'autorisation environnementale unique (L. 181-1)

La loi du 26 août 2017 a institué l'autorisation environnementale unique (article L. 181-1 du Code de l'environnement) qui regroupe en un acte administratif unique les autorisations multiples antérieures (ICPE, IOTA loi sur l'eau, dérogations espèces protégées, défrichement, Natura 2000…). L'objectif affiché — simplification — n'a pas réduit la complexité technique : la procédure exige une parfaite coordination des dossiers techniques, et le moindre vice de forme peut conduire à un refus ou à une annulation contentieuse.

La loi APER du 10 mars 2023 a accéléré certaines de ces procédures pour les énergies renouvelables, et la loi Industrie Verte du 23 octobre 2023 a parallélisé certaines phases pour les projets industriels prioritaires. Equitéo Avocat assiste les porteurs de projet dans la constitution du dossier, la conduite de l'enquête publique et la défense de l'arrêté final.


Risques industriels et risques naturels

Plans de prévention des risques technologiques (PPRT)

Mis en place autour des sites Seveso seuil haut par la loi du 30 juillet 2003, les PPRT délimitent autour de l'installation des zones d'aléas avec des prescriptions différenciées : interdiction de construire, mesures foncières (expropriation, délaissement), travaux de renforcement obligatoires sur les bâtiments existants. Pour le propriétaire d'un bien situé dans le périmètre d'un PPRT, les conséquences peuvent être lourdes : décote à la revente, obligation de travaux, restriction d'usage.

Plans de prévention des risques d'inondation (PPRI) et risques naturels (PPRN)

Les PPRI et PPRN sont régis par les articles L. 562-1 et suivants du Code de l'environnement. Ils valent servitude d'utilité publique dès leur approbation et s'imposent au PLU. Les zones rouges sont en principe inconstructibles ; les zones bleues sont constructibles sous conditions. Une vente immobilière dans un secteur couvert par un PPRI exige une information renforcée de l'acquéreur, à peine de nullité ou de réduction du prix (Information Acquéreurs Locataires, article L. 125-5 du Code de l'environnement).

État des risques et pollutions (ERP)

Document obligatoire annexé à toute promesse ou contrat de vente, l'état des risques et pollutions (ERP) récapitule les risques naturels, miniers, technologiques, sismiques, radon, pollution des sols et bruit auxquels le bien est exposé. Le défaut ou l'inexactitude de l'ERP fait peser un risque contentieux majeur sur le vendeur : l'acquéreur peut demander la résolution de la vente ou la diminution du prix.


Énergie et bâtiment

Diagnostic de performance énergétique (DPE) et obligations de rénovation

Depuis la loi Climat et Résilience du 22 août 2021, le DPE opposable conditionne l'usage et la valorisation des biens immobiliers. L'interdiction progressive de location des « passoires thermiques » (G en 2025, F en 2028, E en 2034) impose des stratégies anticipées de rénovation. Notre cabinet conseille les bailleurs, copropriétés et investisseurs sur les conséquences juridiques (contestation du DPE, audit énergétique loi Climat, rénovation globale) et les recours en cas de DPE erroné établi par le diagnostiqueur.

Photovoltaïque et énergies renouvelables

Le développement des installations photovoltaïques sur les bâtiments — toitures industrielles, parkings, ombrières — soulève des questions juridiques transversales : autorisations d'urbanisme, raccordement au réseau Enedis, contrats d'achat avec EDF OA ou agrégateurs, partage de propriété entre exploitant et propriétaire de la toiture, fiscalité. La loi APER de 2023 a généralisé l'obligation d'équipement de certains parkings et bâtiments tertiaires en panneaux ou ombrières. Equitéo Avocat sécurise ces opérations et accompagne le contentieux du raccordement.

Autoconsommation collective et communautés énergétiques

Le cadre de l'autoconsommation collective, ouvert par les ordonnances de 2016 et 2020, permet à plusieurs consommateurs et producteurs situés dans une même zone géographique de partager leur production locale. Pour une copropriété ou un ensemble tertiaire, ce dispositif suppose la rédaction de conventions complexes entre l'exploitant, les utilisateurs, le gestionnaire de réseau et le coordinateur. Notre cabinet conseille sur la structuration de ces opérations.

Agrivoltaïsme

L'agrivoltaïsme a reçu une définition légale par la loi APER du 10 mars 2023 (codifiée à l'article L. 314-36 du Code de l'énergie) puis précisée par le décret n° 2024-318 du 8 avril 2024. Pour qu'une installation soit qualifiée d'agrivoltaïque — et non de simple centrale au sol — elle doit apporter à l'exploitation agricole sous-jacente au moins l'un des quatre services prévus par la loi : amélioration du potentiel agronomique, adaptation au changement climatique, protection contre les aléas climatiques, ou amélioration du bien-être animal. L'activité agricole doit demeurer significative et le revenu agricole maintenu.

Le régime juridique combine droit rural (bail rural environnemental, indivision, statut du fermage), droit de l'énergie (raccordement Enedis, contrat d'achat avec EDF OA), droit de l'urbanisme (autorisation au titre des ICPE pour les centrales de plus de 250 kWc, ou permis de construire selon les cas), droit fiscal (taxe foncière, IFI, déduction agricole). Equitéo Avocat assiste les exploitants agricoles, les énergéticiens et les investisseurs dans la structuration de ces projets et la défense en cas de contentieux du permis ou du contrat.

Pour approfondir : voir notre guide complet sur le cadre juridique de l'agrivoltaïsme — loi APER 2023, décret du 8 avril 2024, articulation avec le bail rural et urbanisme.

Éolien terrestre

Les éoliennes terrestres dont le mât atteint au moins 50 mètres sont soumises au régime de l'autorisation ICPE au titre de la rubrique 2980 de la nomenclature, doublée de l'autorisation environnementale unique (article L. 181-1 du Code de l'environnement). Les articles L. 553-1 et suivants organisent la prévention des risques et imposent notamment une distance minimale de 500 mètres entre les éoliennes et toute construction à usage d'habitation ou zone destinée à l'habitation.

L'instruction de l'autorisation est dense : étude d'impact, étude de dangers, dérogation espèces protégées (avifaune, chiroptères), évaluation des incidences Natura 2000 le cas échéant. La loi APER de 2023 a introduit le mécanisme des zones d'accélération des énergies renouvelables, qui facilitent l'instruction des projets situés dans le périmètre défini par la commune. À l'échéance de l'exploitation, le démantèlement est obligatoire (article L. 553-3 CE), avec constitution préalable de garanties financières.

Le contentieux est intense : recours des riverains, des associations environnementales, des communes voisines. Equitéo Avocat intervient aux côtés des exploitants comme des riverains, en plein contentieux ou en référé-suspension.

Pour approfondir : consultez notre guide pratique de l'éolien terrestre — ICPE rubrique 2980, distance 500 m, démantèlement obligatoire, contentieux administratif.

Méthanisation

Les unités de méthanisation relèvent de la rubrique 2781 de la nomenclature ICPE, structurée en trois sous-régimes (déclaration, enregistrement, autorisation) selon la quantité de matières traitées par jour. Au-delà de l'autorisation ICPE, le projet doit obtenir une autorisation environnementale unique lorsque le tonnage le justifie, et un plan d'épandage du digestat conforme aux prescriptions de la directive « nitrates » et au cadre réglementaire départemental.

Le volet économique repose sur les tarifs d'achat garantis pour l'électricité produite (article L. 314-1 du Code de l'énergie) ou pour le biométhane injecté dans le réseau (article L. 446-2 et suivants). Les contentieux fréquents portent sur la conformité du plan d'épandage, sur les nuisances olfactives invoquées par les riverains (police spéciale ICPE et trouble anormal de voisinage) et sur la rupture des contrats d'achat. Notre cabinet sécurise le montage juridique du projet et la défense en cas de contestation.

Pour approfondir : voir notre guide juridique de la méthanisation — ICPE rubrique 2781, plan d'épandage du digestat, tarifs d'achat L. 314-1 et L. 446-2.

Hydroélectricité

Le régime juridique de l'hydroélectricité distingue deux situations selon la puissance maximale brute de l'aménagement. Les ouvrages de plus de 4,5 MW relèvent du régime de la concession hydroélectrique (articles L. 511-1 et suivants du Code de l'énergie), avec un cahier des charges très contraignant et une durée fixée par décret. Les ouvrages inférieurs ou égaux à 4,5 MW sont placés sous le régime de l'autorisation administrative.

Tout projet d'aménagement hydroélectrique implique parallèlement une procédure au titre de la loi sur l'eau (article L. 214-3 du Code de l'environnement), une étude d'impact, une évaluation des incidences Natura 2000 et le respect des objectifs de continuité écologique (article L. 214-17 CE) qui peuvent imposer la pose de passes à poissons ou la limitation des débits réservés. Le contentieux porte fréquemment sur la conformité aux objectifs de la directive-cadre eau et sur l'articulation avec les schémas directeurs SAGE / SDAGE. Equitéo Avocat conseille les exploitants comme les associations dans ce domaine technique.

Pour approfondir : consultez notre guide complet de l'hydroélectricité — concession (>4,5 MW) vs autorisation, loi sur l'eau, continuité écologique.

Hydrogène

Le cadre juridique de l'hydrogène a été structuré par l'ordonnance n° 2021-167 du 17 février 2021 transposée aux articles L. 811-1 et suivants du Code de l'énergie. Le législateur distingue trois catégories : l'hydrogène renouvelable (produit par électrolyse à partir d'électricité renouvelable), l'hydrogène bas-carbone (intensité d'émissions inférieure à un seuil défini par décret) et l'hydrogène dit « carboné ». Cette typologie conditionne l'éligibilité aux mécanismes de soutien et aux garanties d'origine.

Sur le plan opérationnel, les installations de production, de stockage (rubrique ICPE 4715 pour les seuils Seveso) et de distribution d'hydrogène mobilisent l'autorisation environnementale unique, l'étude de dangers, et les règles de sécurité spécifiques aux gaz inflammables. La stratégie nationale pour le développement de l'hydrogène décarboné (lancée en 2020, actualisée en 2024) prévoit le déploiement de plusieurs gigawatts d'électrolyseurs d'ici 2030 et de hubs hydrogène sur les sites industriels stratégiques. Equitéo Avocat accompagne les développeurs et les industriels dans la structuration de ces projets émergents.

Pour approfondir : voir notre guide juridique de l'hydrogène — ordonnance 2021-167, articles L. 811-1 et s. Code énergie, typologie renouvelable / bas-carbone.


Biodiversité et espèces protégées

Espèces protégées et dérogations (L. 411-1 et L. 411-2)

L'article L. 411-1 du Code de l'environnement instaure une interdiction absolue d'atteinte aux espèces protégées et à leurs habitats. Cette interdiction concerne aussi bien les actions volontaires (capture, destruction) que les atteintes incidentes liées à un projet d'aménagement. La construction d'un immeuble, l'installation d'un parc photovoltaïque, l'aménagement d'une ZAC peuvent ainsi se heurter à la présence d'une espèce protégée sur l'emprise.

Sortir de l'interdiction nécessite une dérogation au titre de l'article L. 411-2, dont la délivrance est strictement encadrée par la jurisprudence du Conseil d'État (existence de raisons impératives d'intérêt public majeur, absence de solution alternative satisfaisante, absence de remise en cause de l'état de conservation favorable de l'espèce). Le contentieux des dérogations est devenu un terrain majeur du contentieux d'aménagement : un défaut de dérogation peut entraîner l'annulation du permis de construire.

Zones Natura 2000

Tout projet susceptible d'affecter de manière significative un site Natura 2000 doit faire l'objet d'une évaluation des incidences (article L. 414-4 du Code de l'environnement). L'évaluation est intégrée le plus souvent dans le dossier d'autorisation environnementale et conditionne la possibilité même du projet. Le maître d'ouvrage doit démontrer que son projet ne porte pas atteinte aux objectifs de conservation du site.

Zéro Artificialisation Nette (ZAN)

La loi Climat et Résilience a fixé l'objectif d'absence d'artificialisation nette des sols à l'horizon 2050, avec une cible intermédiaire de réduction de moitié de la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers d'ici 2031. Le ZAN se traduit dans les documents d'urbanisme (SRADDET, SCoT, PLU) et conditionne désormais l'instruction des autorisations. Pour les promoteurs, aménageurs et collectivités, ce dispositif modifie en profondeur la stratégie foncière et peut justifier des contestations contentieuses lorsque les contraintes apparaissent disproportionnées.


Droit pénal de l'environnement

Une pénalisation croissante

Les infractions environnementales font l'objet d'une pénalisation croissante depuis la loi du 22 août 2021, qui a notamment créé l'infraction de mise en danger de l'environnement et alourdi les sanctions pour les atteintes graves et durables. Le Code de l'environnement constitue désormais un véritable code pénal sectoriel, avec ses incriminations spécifiques (article L. 173-1 et suivants — délits ICPE, déchets, eau, espèces protégées) et des peines pouvant atteindre plusieurs années d'emprisonnement et des amendes très élevées, pouvant être multipliées pour les personnes morales.

Les principales infractions environnementales

  • Exploitation d'une ICPE sans autorisation (article L. 173-1 CE) : un an d'emprisonnement et 75 000 € d'amende, portés à trois ans et 150 000 € en cas de mise en demeure non respectée.
  • Pollution des eaux (article L. 216-6 CE) : déversement, écoulement ou rejet de substance polluante de nature à entraîner des effets nuisibles sur la santé ou des dommages à la flore ou à la faune — deux ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende.
  • Atteinte à une espèce protégée (article L. 415-3 CE) : trois ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende, peines aggravées en cas de bande organisée.
  • Gestion irrégulière des déchets (article L. 541-46 CE) : peines pouvant aller jusqu'à sept ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende dans les cas les plus graves.
  • Mise en danger de l'environnement (article L. 231-1 CE, créé en 2021) : sanctionne le comportement manifestement délibéré qui expose l'environnement à un risque immédiat d'atteinte grave et durable.
  • Écocide (article L. 231-3 CE, créé en 2021) : sanction des atteintes les plus graves et intentionnelles à l'environnement, jusqu'à dix ans d'emprisonnement et 4,5 millions d'euros d'amende.

La responsabilité des dirigeants et des personnes morales

En matière environnementale, la responsabilité pénale frappe à plusieurs niveaux. La personne morale peut être déclarée pénalement responsable (article 121-2 du Code pénal), avec des amendes multipliées par cinq par rapport au montant prévu pour les personnes physiques. Le dirigeant est susceptible d'être poursuivi à titre personnel s'il est démontré qu'il a personnellement commis l'infraction ou qu'il n'a pas adopté les mesures nécessaires pour la prévenir. La délégation de pouvoirs valablement consentie peut, sous conditions, transférer cette responsabilité au délégataire — cette technique exige une rédaction rigoureuse pour produire ses effets.

Conventions judiciaires d'intérêt public en matière environnementale

Depuis la loi du 24 décembre 2020, le procureur de la République peut proposer à une personne morale mise en cause une convention judiciaire d'intérêt public (CJIP) environnementale : versement d'une amende d'intérêt public, programme de mise en conformité, indemnisation des victimes. Cette procédure transactionnelle, inspirée de la lutte anti-corruption, ouvre une voie alternative à un procès pénal long et médiatique.

Défense pénale environnementale

Les enjeux d'une procédure pénale environnementale dépassent largement la seule peine prononcée. La condamnation peut entraîner des conséquences administratives (retrait de l'autorisation ICPE, rénovation des prescriptions), des conséquences contractuelles (clauses d'exclusion d'assurance, rupture de contrats commerciaux) et des conséquences réputationnelles parfois ravageuses pour l'entreprise. Notre cabinet construit la défense en mobilisant l'ensemble des leviers techniques (régularité des contrôles, qualification des faits, individualisation des responsabilités) et procéduraux disponibles.


Contentieux environnemental : administratif, civil, pénal

Contentieux administratif

Les actes de police environnementale (autorisation, refus, prescription complémentaire, mise en demeure, sanction administrative, retrait d'autorisation) relèvent du plein contentieux ICPE ou du recours pour excès de pouvoir selon leur nature. Le délai est généralement de deux mois, à compter de la notification ou de la mesure de publicité requise. Au-delà du juge de l'excès de pouvoir, le juge des référés peut être saisi pour suspendre l'exécution d'une décision urgente (référé-suspension de l'article L. 521-1 du Code de justice administrative).

Contentieux civil

Au-delà du régime spécial des vices cachés et de la garantie L. 514-20, plusieurs fondements civils sont mobilisables : trouble anormal de voisinage (théorie jurisprudentielle), responsabilité du fait des bâtiments (article 1242 du Code civil), responsabilité contractuelle lorsqu'une convention d'environnement a été signée. La réparation du préjudice écologique issue de la loi du 8 août 2016 (articles 1246 et suivants du Code civil) ouvre un nouveau terrain procédural.

Contentieux pénal

Outre la voie classique du parquet, l'action civile peut être exercée par les associations de protection de l'environnement agréées (article L. 142-2 du Code de l'environnement), ce qui élargit considérablement le spectre des plaignants potentiels. Les juridictions pénales spécialisées (pôle régional environnemental dans certains TGI) sont compétentes pour les affaires complexes.


Pourquoi un avocat dédié au droit de l'environnement ?

L'imbrication des régimes

La spécificité du droit de l'environnement tient à l'imbrication permanente de plusieurs strates juridiques : Code de l'environnement, Code de l'urbanisme, Code minier, Code rural, Code de la santé publique, Code pénal, sans compter les directives européennes et règlements REACH, déchets, eau. Une opération immobilière implique souvent simultanément plusieurs de ces corpus. Sans accompagnement spécialisé, le risque de manquer une autorisation ou une obligation déclarative est considérable.

Une combinaison de droit immobilier et de droit de l'environnement

Equitéo Avocat se distingue par sa maîtrise simultanée du droit immobilier et du droit de l'environnement. Cette double compétence est indispensable lorsqu'un projet implique à la fois la rédaction d'un acte de vente, l'examen des servitudes environnementales, l'instruction d'une autorisation environnementale et la prévention d'un contentieux pénal. Notre approche transversale évite les angles morts d'une analyse purement immobilière ou purement environnementale.

Anticipation et prévention

Notre conviction est qu'en matière environnementale, la prévention coûte toujours moins cher que la réparation. Un audit environnemental préalable bien conduit, une rédaction soignée des clauses contractuelles, un programme de conformité ICPE pertinent évitent souvent un contentieux de plusieurs centaines de milliers d'euros. C'est dans cette logique que nous intervenons : conseil amont, sécurisation des opérations, défense efficace en cas de litige.

Clientèle

Equitéo Avocat conseille en droit de l'environnement :

  • les propriétaires de terrains, immeubles et sites industriels confrontés à une pollution, à une ICPE ou à une servitude environnementale ;
  • les exploitants ICPE dans leurs relations avec l'administration (autorisation, prescription, contrôle, sanction) ;
  • les promoteurs et aménageurs dans la conception, l'instruction et la défense de leurs projets ;
  • les investisseurs dans les audits de portefeuille et la structuration des acquisitions ;
  • les collectivités territoriales dans leur fonction de police, leurs projets d'aménagement et leur contentieux ;
  • les professionnels de l'immobilier (notaires, agents, gestionnaires) recherchant une expertise tierce sur leurs dossiers.

Questions fréquentes

Quelle est la responsabilité de l'acquéreur d'un terrain pollué qui ignorait la pollution ?

L'acquéreur de bonne foi peut être recherché à titre subsidiaire par l'administration au titre de sa qualité de détenteur du terrain, mais uniquement s'il a fait preuve de négligence dans la gestion du site. Sa première ligne de défense reste le recours contre le vendeur sur le fondement de l'article L. 514-20 du Code de l'environnement (information sur les ICPE passées) ou de la garantie des vices cachés (articles 1641 et suivants du Code civil). Un audit environnemental préalable à l'acquisition reste la meilleure prévention.

Comment contester un arrêté préfectoral d'autorisation ICPE ?

L'arrêté relève du plein contentieux ICPE devant le tribunal administratif. Le délai de recours est en principe de deux mois à compter de la mesure de publicité, mais peut être plus long pour les tiers. Outre l'annulation, le juge peut modifier les prescriptions de l'arrêté. Un référé-suspension (article L. 521-1 du Code de justice administrative) est envisageable en cas d'urgence et de doute sérieux sur la légalité.

Quelle est l'obligation d'information du vendeur d'un bien situé dans un périmètre de PPRT ou de PPRI ?

L'état des risques et pollutions (ERP), prévu par l'article L. 125-5 du Code de l'environnement, doit être annexé à toute promesse ou contrat de vente ou de location. Il récapitule les risques naturels, miniers, technologiques, sismiques, radon, pollution des sols et bruit. À défaut ou en cas d'inexactitude, l'acquéreur peut demander la résolution de la vente ou la diminution du prix.

Qu'est-ce que le ZAN et quelles conséquences pour mon projet immobilier ?

Le Zéro Artificialisation Nette issu de la loi Climat et Résilience du 22 août 2021 fixe l'objectif de division par deux de la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers d'ici 2031, puis l'arrêt total de l'artificialisation nette à l'horizon 2050. Cette trajectoire se traduit dans les SRADDET, SCoT et PLU et conditionne l'instruction des autorisations d'urbanisme. Pour les projets de construction, le ZAN peut justifier des refus de permis ou des contestations contentieuses lorsque les contraintes apparaissent disproportionnées.

Quelles sont les peines encourues pour exploitation d'une ICPE sans autorisation ?

L'article L. 173-1 du Code de l'environnement prévoit un an d'emprisonnement et 75 000 € d'amende pour l'exploitation d'une ICPE soumise à autorisation ou enregistrement sans avoir obtenu l'acte requis, peines portées à trois ans et 150 000 € lorsque l'exploitant a poursuivi l'activité après une mise en demeure. Les peines applicables aux personnes morales sont multipliées par cinq en application de l'article 131-38 du Code pénal.

Qu'est-ce que l'écocide et qui peut être poursuivi ?

L'écocide, créé par la loi Climat et Résilience et codifié à l'article L. 231-3 du Code de l'environnement, sanctionne les atteintes les plus graves et intentionnelles à l'environnement. Les peines peuvent atteindre dix ans d'emprisonnement et 4,5 millions d'euros d'amende. Sont susceptibles d'être poursuivis aussi bien les personnes physiques (dirigeants, opérateurs) que les personnes morales (entreprises, exploitants), sous réserve de la démonstration de l'élément intentionnel.

Mon projet d'aménagement implique la destruction d'un habitat d'espèce protégée. Que faire ?

L'article L. 411-1 du Code de l'environnement interdit toute atteinte aux espèces protégées et à leurs habitats. Sortir de cette interdiction nécessite une dérogation au titre de l'article L. 411-2, dont la délivrance est strictement encadrée : raison impérative d'intérêt public majeur, absence de solution alternative satisfaisante, absence de remise en cause de l'état de conservation favorable de l'espèce. Le contentieux des dérogations est désormais un terrain majeur du contentieux d'aménagement : un défaut de dérogation peut entraîner l'annulation du permis de construire.

Quel est le délai de prescription pour les infractions environnementales ?

Le délai de prescription de l'action publique varie selon la nature de l'infraction. Les délits environnementaux se prescrivent en principe par six ans (article 8 du Code de procédure pénale, depuis la loi du 27 février 2017). Pour les contraventions, le délai est d'un an. Le point de départ du délai peut être différé, notamment lorsque l'infraction est dissimulée. Les juridictions tiennent également compte de la nature continue de certaines infractions (exploitation sans autorisation, pollution durable).

Quelles sont les obligations énergétiques pour les bâtiments tertiaires ?

Le décret tertiaire (article L. 174-1 du Code de la construction et de l'habitation) impose une réduction de la consommation énergétique des bâtiments à usage tertiaire de plus de 1 000 m² : -40 % en 2030, -50 % en 2040, -60 % en 2050 par rapport à une consommation de référence. Les déclarations annuelles se font sur la plateforme OPERAT de l'ADEME. Le non-respect des objectifs peut entraîner des sanctions administratives (mise en demeure, amende administrative, publicité de la non-conformité).

Qu'est-ce qu'une convention judiciaire d'intérêt public environnementale ?

La CJIP environnementale, instaurée par la loi du 24 décembre 2020, permet au procureur de la République de proposer à une personne morale mise en cause un règlement transactionnel : versement d'une amende d'intérêt public plafonnée à 30 % du chiffre d'affaires, programme de mise en conformité sous contrôle d'un mandataire, indemnisation des victimes. La CJIP éteint l'action publique sans aveu de culpabilité, ce qui en fait une voie alternative attractive aux procès pénaux longs et médiatiques pour les entreprises industrielles.

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Maître Alexandre Chevallier - Avocat en droit de l'environnement à Paris Maître Alexandre Chevallier - Avocat en droit de l'environnement à Paris

Alexandre Chevallier a créé Equitéo Avocat pour proposer un accompagnement juridique à la hauteur des enjeux de ses clients.

Exclusivement dédié au droit immobilier, il s'est formé à l'ICH Paris — institut de référence en droit de la construction et de l'habitation — avant d'obtenir un Master 2 en droit de la construction et de l'urbanisme. Cette spécialisation exclusive lui permet de maîtriser chaque composante du droit immobilier avec profondeur et précision.

Également Avocat mandataire en transaction immobilière, il allie expertise juridique et connaissance concrète du marché, pour un accompagnement global, de la sécurisation à la concrétisation de l'opération de vente ou d'acquisition immobilière.

Formé à la médiation à l'IFOMENE (Institut de Formation à la Médiation et à la Négociation), musicien passé par l'American School of Modern Music à Paris et formé à la programmation informatique, il cultive une approche pluridisciplinaire qui nourrit sa pratique du droit et lui confère une capacité à innover dans la manière d'accompagner ses clients.

Son engagement : traiter chaque dossier avec la même intensité, en plaçant l'écoute et la transparence au centre de la relation client.

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